mardi 21 novembre 2017

livre : Famille (presque) Zéro déchet - Ze Guide

La Semaine Européenne de Réduction des Déchets est l'occasion idéale pour vous présenter un livre que j'ai mis longtemps à pouvoir lire, et qui fait partie de mes indispensables maintenant ! (ce qui est ennuyeux puisque je l'ai emprunté en médiathèque..... :-P)

C'est un livre assez récent écrit par un couple, "Jérémy et Bénédicte", qui depuis, jouissent d'une grande notoriété pour faire passer leur message écolo et je m'en réjouis.

La famille (presque) Zéro Déchet -Ze Guide

Osez le mode de vie durable qui fait du bien

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Comment ça vous ne le connaissez pas ?! 

Jérémy à la plume, Bénédicte aux illustrations (le bol de savoir dessiner !) .
La préface a été écrite par Nicolas Hulot avant qu'il ne soit ministre
et également Béa Johnson, dont j'ai prévu depuis longtemps aussi de vous parler, auteure du livre de référence sur le ZD, le ZD en pratique, le ZD jusqu'au bout ! 

Le livre de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret est sympa dès sa couverture: fun, moderne,  les dessins ronds de l'illustratrice donnent envie !
Dès le titre, le ton est donné
Parce que oui, c'est pas parce qu'on va parler écologie, protection de la planète, flacons en plastique dramatique et tortues qui meurent qu'on doit le faire de façon glaçante et rébarbative , qu'on se le dise !
Et pis surtout, ce qu'a voulu faire cette famille, c'est réduire au max' (possible) ses déchets pour pouvoir en parler et dire comment, et pourquoi. Bref, ce ne sont pas simplement des chiffres, c'est leur réalité, et ils la partagent pour qu'elle devienne la nôtre, la vôtre ! 
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Le livre a été écrit un peu plus d'un an après leur entrée dans l'aventure.
Il est composé de différents chapitres :
    bébé couches lavables lingettes liniment ZD déchet bois poubelle environnement
  • Intro (leur histoire, et l'histoire de la prise de conscience environnementale - ou pas) depuis les années 2000
  • Définition du ZD
  • B.A Ba  des déchets : c'est là que vous avez tous les chiffres, mais ils sont présentés de façon avenante, pédagogique mais non plombante (même si les chiffres font peur..voire vomir).
  • Les zérosceptiques (il y en a et aura toujours, hélas, comme dans toute situation vertueuse)
  • Plan d'action zéro déchet
Puis les auteurs vous aident à organiser vos achats et votre quotidien selon différents pôles, avec chaque fois les grandes lignes, le matériel nécessaire, la "battle" avant / après  en termes de contenants, de tarifs ausi (et ya pas photo) et des recettes si besoin :
  • les courses
  • la cuisine
  • l'hygiène de la maison ( j'ai découvert certaines nouvelles recettes, j'ai notamment fabriqué ce matin le gel pour wc..
  • les cosmétiques (grande Fille est enchantée d'avoir découvert des recettes ZD pour plus tard)
  • les enfants (parce que tout commence par eux, la famille ZD leur lance des défis ! Grand Fiston m'a dit "c'est même pas drôle, on fait déjà quasiment tout"). Je vous en parle sur cet autre billet, "Zéro Déchet, nos actions du quotidien"
  • les fêtes (parce que les rouleaux de papier d'emballage pour les cadeaux de Noël sitôt déchiré, sitôt jeté, ils en ont aussi marre que moi )
  • la maison
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  • Puis il y a la conclusion
  • et 10 défis que je qualifierais de gestes simples que vous pouvez mettre en place chez vous (vous n'êtes pas obligés de faire les 10, mais vous verrez que si en faites quelques uns, vous aurez envie d'en faire d'autre, vous rendant compte que ce n'est pas compliqué finalement. Je vous en ai parlé hier sur mon blog)

Bien entendu, l'ouvrage s'achève par une petite bibliographie des incontournables sur le thème.
Je précise que tout le long du livre, il y a de multiples références également à des sites internet (qu'il faut que je note avant de rendre le bouquin), écologie 2.0 oblige

J'aime tout dans ce livre, et je pense me l'acheter ou me le faire offrir
Et je vous conseille de faire pareil ! Dans toutes les bonnes librairies, bien sûr ;-)

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lundi 20 novembre 2017

Zéro Déchet, mes (nos) actions au quotidien..

Il y a 40 ans, je suis née dans une famille très sensible au recyclage, aux économies, à la lutte contre gaspillage
Mais le zéro déchet, réduire les emballages, les contenants,  en tant que tel..non.Ce n'était pas dans l'air du temps (au contraire ! comme c'était pratique, les emballages, le plastique !)
Pa contre on recyclait, on réutilisait, c'était déjà beaucoup (les "3 R", vous connaissez ?)

Du 18 au 26 octobre c'est la semaine européenne de réduction des déchets !


Je vais vous décrire mon cheminement et nos changements.
Il y a 20 ans, lorsque j'ai connu celui qui allait devenir mon homme, je ne m'en souciais toujours pas
Non pas que je m'en foutais, mais ce n'était pas mon -notre- cheval de bataille
Et ce n'était bien sûr pas dans l'air du temps non plus

Il y a 13 ans j'ai eu mon premier enfant, et j'ai commencé à m'interroger sur ce que je voulais pour lui
Entre lui et notre petite benjamine née il y a 4 ans et demi, nous avons fait un bond dans le "naturel",
l'utilisation de produits sains et économiques
Je me souviendrai toujours avoir commencé par le lavage de mon carrelage au...vinaigre blanc.
Ce vinaigre blanc, seul produit qui trouvait grâce aux yeux de ma tante pour ses tommettes de Provence !

J'ai découvert dans la foulée "le Blog de Raffa, le Grand ménage" (à l'époque je n'avais pas Facebook) et j'ai dit adieu à mon "Ajax", aux sprays nettoyants pour les meubles en bois, au détartant wc/robinetterie , ...etc ! Finis les flacons, les bouteilles, les sprays, bonjour les produits simples, les économies..l'éconologie !
Le vinaigre blanc et le bicarbonate de soude sont depuis mes compagnons fidèles, c'est devenu l'objet de quelques plaisanteries par mon mari d'ailleurs ! ("le bicarbonate répare tout même les portables", "utilise le bicarbonate ça va régler ton problème"..). Nous n'avons aucun produit nettoyant du commerce à la maison, hormis des restes que l'on ne parvient pas à finir (lingettes anti-décoloration, mousse anti-tartre..)
Je fais tout au vinaigre blanc, au bicarbonate, savon noir parfois, cristaux de soude etc.
BB koala a été un "bébé ZD" dans sa version (presque complètement) aboutie :
  • lingettes lavables
  • couches lavables
  • liniment et savon d'Alep pour le corps
  • un minimum d'équipement, pas de matelas à langer (une simple serviette), (cela doit d'ailleurs faire l'objet d'un article sur mon blog depuis 3 ans.....)
  • couche lavable b'bies zéro dechet bébé poubelle
    jouets sans plastique ni piles, mais plutôt en bois, durables (ou les boites des placards de cuisine...une valeur sûre, ces boites), de façon générale, les jouets de ses aînés quand ils étaient bébés
  • des vêtements uniquement récupérés (prêts, dons, vêtements de sa grande sœur, occasion..)
  • lessive maison au savon de Marseille

Mais depuis quelques mois j'ai voulu amplifier cette démarche ZD pour en faire vraiment un mode de vie parce que l'avenir qui attend nos enfants me préoccupe vraiment.
Après la lessive, le produit vaisselle, le liniment , le démêlant cheveux, un déodorant stick, la pâte à modeler et un baume pour les mains /pieds que je faisais déjà (j'en oublie sûrement), j'ai décidé de mettre le turbo et de remplacer, à terme, tous nos produits cosmétiques. Je n'en achetais plus depuis 4 ans environ (hormis savon Alep, shampoing solide bio, et dentifrice) mais il y avait (a) des stocks à écouler.
Je me suis donc mise en quête des recettes manquantes pour étoffer ma gamme de produits "maison"

Aujourd'hui, je fabrique moi-même, hormis les produits d'entretien :
  •  le gel douche
  • du shampoing
  • une crème pour le corps, une crème pour le visage
    DIY slow cosmétique crème visage cire abeille huile coco soin
  • j'utilise différents produits pour les cheveux selon les besoins (rhassoul, huile végétale, gel aloé vera etc)
  • déodorant (et au plus simple, la version "bicarbonate sur les aisselles")
  • baume pour les pieds secs
  • crème pour les mains, savon liquide pour les mains
  • baume à lèvres
  • dentifrice (3 versions, j'ai trouvé ma préférée)
  • il y a aussi des produits que l'on peut utiliser tels quels (argile, huile, gel aloé vera)
  • j'ai plusieurs recettes en attente, dont la peinture pour enfants, la colle liquide, le savon..yapluka
  • Tout ceci est conditionné dans des flacons que j'avais récupéré et bien nettoyé. Certains diront que ce n'est paaas biiieen, moi je dirais que je vise l'économie et la simplicité.. Si je dois jeter d'anciens flacons pour en racheter d'autres, heu...
    Beaucoup de ces recettes permettent de limiter ou recycler les flacons, mais font aussi un immense geste pour la planète, car finis les substances chimiques/plastiques qui se retrouvent dans l'eau puis dans la mer !

Côté courses alimentaires

  zéro déchets stricto sensu, j'ai enfin osé demander à Leclerc s'ils acceptaient les tuptup dans les rayons à la coupe (en attendant d'aller chez les commerçants de centre ville...ce que je ne fais pas encore question budget, idem pour le magasin bio où je ne vais que ponctuellement)
Réponse floue (stupeur en signe de méconnaissance, mais je vous assure que de nombreux supermarchés de France acceptent, donc osez demander)
Nous avons un autre supermarché qui vend des féculents, graines, café et pâtes en vrac. Pour ne pas utiliser de sac, je prends le même sac d'une fois sur l'autre (il suffit de faire un nœud et le défaire proprement, et coller l'étiquette sur l'ancienne)
Tout ce que l'on achète en vrac est stocké dans des boites, des bocaux en verre, ou d'anciens sacs que je n'ai pas voulu jeter.
Typiquement, j'utilise les anciens sacs pour emmener le casse-croûte, les sandwichs quand il y a une sortie.
Nous utilisons des gourdes pour l'eau  quand nous sortons (et de toute façon nous consommons l'eau du robinet).
Nous avons un rouleau d'essuie-tout, mais leur utilisation est ..rare. Une tache sur la table, un truc qui a coulé, un dépôt à essuyer : on prend un torchon. Idem pour débarbouiller les visages, une lingette lavable et voilà. On utilise peu les essuie-tout, mais je n'ai pas trop de scrupules néanmoins: les essuie-tout vont au compost ! (du moment que la substance essuyée est végétale).


Nous prenons un panier de légumes hebdomadaire à un producteur local : remis dans une cagette que vous rendez la fois suivante, vous avez, hormis le bénéfice du circuit local, des légumes de saison, ils sont généralement distingués par des sachets en papier, vous sortez du circuit "supermarché et légumes qui n'ont aucun goût" et vous n'êtes plus contraints d'être dispo le jour de marché. Bref, c'est tout bénéf !


Les stylos et autres fournitures de bureau (hormis quelques exceptions) sont stockés dans un gardon que j'amène ensuite à la personne chargée de la collecte pour Terracycle. C'est tout récent, j'ignorais que l'on pouvait recycler les stylos, je suis contente car mes enfants en font une grande consommation (deux collégiens oblige).

Sacs et autres contenants

J'utilise un sac à pain (en tissu) pour le pain, et même si je l'oublie (ce qui est fréquent) je demande au boulanger de ne pas me donner le petit papier qui entour les baguettes. Lesdits papiers par contre, sont une très bonne aide à l'allumage du feu si vous en avez en stock quelque part comme moi.
Bon, ceci étant, nous faisons souvent notre pain nous-même :-P
Nous mangeons beaucoup de compote, mais n'achetons que des bocaux en verre d'un litre. Ces bocaux sont en partie recyclés (filière du verre), en partie réutilisés (confitures l'été, vrac des féculents...). Miss Koala a beaucoup utilisé, petite, les gourdes réutilisables Squiz, nous les avons encore et elles sont bien utiles quand on sort en pique-nique par exemple (une gourde = 50 utilisations).

Surtout n'ayez pas peur d'apporter vos boites ou sacs transparents en magasin plutôt que d'utiliser des sacs non dégradables ou des faux sacs en papier (ceux qui ont une partie en blister plastique)


Les épluchures & co : "déchets" de cuisine et de jardin

Les déchets organiques (restes de cuisine) partaient en grande partie aux poules depuis 8 ans, le reste part au compost depuis un an et demi. Aucun déchet de cuisine ne finit dans notre poubelle, jamais (même le légume qui aurait par hasard, et hélas, pourri dans le frigo).
La tonte de jardin reste dans l'herbe (c'est nourrissant, et sinon vous pouvez vous en servir en paillage au pied des arbustes, autour des pieds, etc. Ne la mettez pas au compost, ça pourrit, ça chauffe), les branches des arbustes sont coupées en petits morceaux et servent de paillage, comme les feuilles, les brindilles..
Nous ne sommes jamais allés à la déchetterie pour des "déchets de jardin" tout simplement car pour nous, ils n'en sont pas (si le sujet vous intéresse, j'ai été formée par l'ADEME comme guide composteur-pailleur, je peux vous conseiller pour organiser en toute autonomie un circuit fermé pour votre jardin).
Le compostage réduit de façon drastique et immédiate le volume de vos poubelles, si vous aviez l'habitude d'y mettre vos épluchure & co (saviez-vous que vous pouvez également y mettre vos cheveux, les poils du chat (chien), l'huile de friture ?oui OUI !).
Nous avons donc des poules, THE action number one que l'on a faite en emménageant dans une maison avec (grand) jardin il y a 8 ans, après mise en place d'un étendage pour optimiser le séchage (un vieux sèche-linge nous a été donné 5 ans après, il dépanne en inter-saison quand le linge ne sèche pas faute de chauffage).


Je cuisine beaucoup moi-même, vous ne trouverez pas de plat tout prêt dans notre congélateur, hormis parfois une poelée de légumes. Vos papilles vous diront merci, votre porte-monnaie aussi ! Je voudrais retrouver une solution pour les yaourts, ressortir ma yaourtière du placard. 
Les goûters sont naturels, pain, chocolat, des biscuits maison, des fruits, de la compote..pas de petits gâteaux tout prêts à l'emballage individualisé ! (en outre c'est bien meilleur pour la santé de vos têtes blondes). Tiens je suis d'ailleurs tombée à l'instant sur cette recette (blog de Squiz les fameuses gourdes réutilisables) ;-).

Vaisselle

Chez nous, pas de vaisselle jetable, même si on a pique-nique, fête des voisins, même si on sort avec du monde, même si.. Nan, jamais de couverts en plastiques, assiettes en plastique, verres en plastique, nan. Les seuls vestiges sont des gobelets en plastique à l'effigie d'un dessin animé, un paquet entamé dans lequel miss Koala peut piocher un gobelet pour les grandes occasions, pour faire la fête.
Quoi qu'il en soit, on a plein de gobelets réutilisables, pour manger en pique-nique on a les boites, ou alors, au pire du pire, des assiettes en carton (vestiges retrouvés aussi dans les placards.) mais ce n'est pas pratique, ça peut se plier, bref rien ne vaut les vrais assiettes qui cassent mais ne plient pas. Nous prenons nos vrais couverts, ce n'est pas pour ce que cela va rajouter au lave-vaisselle que l'on va mourir. En plus, je trouve ça désagréable comme tout de manger avec des couverts en plastique.
Bref, vivement que tout cela soit interdit à la vente.


Santé, hygiène

A la pharmacie, où je vais hélas très souvent, j'apporte toujours mon sac en tissu pour ne pas taper dans leur stock de sacs en papier. Les étuis en carton partent au feu ou au tri, les notices aussi, les restes de médicaments retournent chez le pharmacien.

Chez le docteur, j'amène ma serviette en tissu (j'ai demandé). Fonctionne aussi chez le kiné et tout autre professionnel de santé ;-). Malheureusement, j'oublie souvent !


tawashi lavette lavable réutilisable vaisselleLes vieux tissus sont réutilisés (lingettes pour lavages "sales", torchons pour bricolage etc), les vieilles chaussettes trouées ou dépareillées servent désormais à la confection de tawashi (des lavettes) ! (trop contente d'avoir enfin pris le temps de les faire, il y a quelques semaines après 2 ans d'attente)

Les rouleaux de papier toilette vides (et essuie-tout) servent 
- pour le compost
- pour le feu
- pour du bricolage (miss Koala a justement fabriqué ce matin des maracas)

Pas de coton-tige, vous aurez compris qu'un petit doigt sous la douche et/ou le coin de la serviette à la sortie font bien l'affaire.
Monsieur se remet au rasoir des papis avec le blaireau ;-) Et moi j'utilise une solution durable pour mes cycles menstruels (cup (coupe menstruelle) ou serviettes hygiéniques lavables, je n'en dis pas +, c'est mon intimité ;-) )
Je fabrique donc la plupart de nos produits de soins, et comme je ne me maquille pas c'est simple (mais je compte fabriquer quelques produits de maquillage pour essayer).  
Si je dois acheter un savon (peau sensible etc) je privilégie les emballages en carton (j'adore le savon au lait d'ânesse en magasin bio) 

Noël !

Cette année, nous allons encore franchir un pas car nous avons décidé en famille d'emballer tous les cadeaux de Noël avec du tissu (couturière amatrice, je croule sous les tissus); Si j'ai le temps, je coudrai quelques petits sacs, sinon ce sera furoshiki (art du pliage japonais) sinon...Free style !
noël tote bag emballage déchet papier cadeau furoshiki tissu poubelle
Nous n'achetons pas de calendrier de l'Avent, j'ai fabriqué il y a quelques années un calendrier de l'Avent en tissu, un grand sapin sur lequel j'ai disposé autant de cases que de jours d'attente. Nous y glissons, chaque soir, des chocolats ou d'autres présents (petites figurines, cadeaux immatériels ("bon pour.."). Les enfants adorent, et cela permet une grande variété de cadeaux (et c'est beaucoup moins cher, bien sûr !). Les tissus étaient tous issus de la récup' (tissus de couches lavables, de vêtements, tissus donnés, chutes, etc)
calendrier Avent DIY économique chocolat Noël couture


Eau

Nous récupérons l'eau tant que nous pouvons : d'abord parce que cela me rend malade, toute cette eau qui coule pour rien alors que des millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable
Ensuite parce que ça revient très cher, toute cette eau qui sort des robinets !

Alors, hormis le récupérateur d'eau de pluie pour le jardin,  nous avons instauré une petite organisation rudimentaire mais qui nous convient très bien :
l'eau du vieux sèche-linge (qu'on nous a donné) part dans un grand seau que l'on vide dans les wc au lieu de tirer la chasse d'eau, tout comme celle d'une bassine que l'on a placée dans le lavabo de la salle de bain. Un seau est également placé dans la douche (eau du début + eau de ruissellement du corps) et l'on vide aussi l'eau de lavage des légumes ou l'eau de cuisson (quand j'y pense).
Quand je vois qu'au moins 30 litres (il me semble) partent chaque jour dans les wc, je me dis que notre prochaine facture d'eau va me faire plaisir !

Magazines et papiers

Nous avons bien entendu un "Stop-pub" sur notre boîte aux lettres. D'une part nous n'en avons pas besoin puisque nous ne "suivons" pas les actu de ventes des grosses enseignes, d'autre part, si vraiment il y a une offre intéressante, le bouche à oreille nous le dira, et tout est consultable sur internet.
Nous n'avons plus de programme télé depuis quelques années, idem vous savez tout sur internet et puis sinon tant pis, de toute façon la télé...comment dire, ya de chouettes programmes (je suis fan de plusieurs séries US, et des documentaires de voyage, (aaah, Nus et Culottés ! :-D) mais l'on ne choisit pas le créneau horaire, tout est trouvable sur internet (merci le replay notamment) et puis la lecture, la couture m'ont tellement manqué que ..voilà

Je garde tout papier ayant un verso vierge pour en faire des feuilles de brouillon. Grandes pour les enfants, mini pour les listes de courses, des pense-bête, le petit mot de départ le matin...Les enfants n'ont jamais eu en guise de brouillon une feuille blanche vierge, ça me fait mal aux tripes. Ils ont leur stock de feuilles de brouillon dans "leur" tiroir. Tous les autres papiers (dont, impérativement, tous ceux qui contiennent des infos personnelles et confidentielles) partent au feu. Quand j'ai des cartons (marron), soit je les garde pour stocker des vêtements, ranger des produits, des objets, soit je les utilise pour le compost, soit je les réserve pour le paillage (les cartons bruns font un très bon paillage faute de paille, de feuilles d'arbres, de branchages).


La façon de voir les choses en général

Bien entendu aussi, nous ne nous équipons, si besoin, que par les circuits d'occasion. Troc, Emmaüs ou équivalent, don, brocante, le Bon Coin, la copine, ce qui débarrasse l'un(e) arrange l'autre. On est fans des brocantes, même si maintenant l'objectif est de désencombrer la maison et que donc, nous délaissons même les brocantes.

Car en parallèle bien sûr, nos besoins ont fortement diminué, ou plutôt nos dépenses, qui aujourd'hui correspondent quasi uniquement à des besoins et pas des "envies créées par les publicités et la croyance qu'il faut faire comme tout le monde" (simplicité volontaire, sobriété heureuse). Quand on y regarde de près, en fait les vrais besoins sont assez faibles. C'est le 3ème "R"  : Réduire. Sa consommation. La simplicité volontaire nous rend heureux !

J'ai une grande marge de progression encore (je n'achète pas le vrac en magasin bio bicôze of ze prix, dentifrice pour les enfants que je n'ai pas remplacé encore, aliments à la coupe que je n'achète pas encore car pas le réflexe/peur d'amener ses boites, achat régulier de pain de mie et donc des sacs qui vont avec, pas de vrac pour les liquides, yaourts -peu mais quand même- que j'achète car les enfants ne digèrent plus ceux que je faisais, etc etc... j'y travaille chaque jour)

Voilà, le but de toute cette liste (j'ai sûrement oublié des choses car je n'ai pas pris de notes, et j'ai rédigé l'essentiel de ce topo à 23h) n'est pas de vous faire la morale, mais de vous montrer qu'il existe plein de gestes simples à mettre en œuvre au quotidien qui vont faire la différence rapidement.
En effet, mon raisonnement est simple : 
"Ce n'est pas parce que l'on ne peut pas tout faire que l'on ne doit rien faire"
Alors piochez des idées, ce qui vous convient, ce qui vous semble applicable chez vous, ce qui résonne en vous, et commencez ;-) !
Il n'est jamais trop tard, et il est impossible que vous ne puissiez rien faire.

Dernière chose : plus on avance dans le zéro déchet, plus on a envie d'y avancer, c'est excitant, c'est un challenge !

Pour aller plus loin :
le livre de la Famille (presque) Zéro déchet (que je vous présenterai très vite), ils ont une page facebook et un groupe super actif qui pourra vous aider vous stimuler
trop sympa, hyper complet


le livre de Béa Johnson , une expat' aux States (attention, ils sont jusqu'auboutistes ! (il en faut)


les recettes de Raffa le Grand Ménage


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vendredi 17 novembre 2017

prématurés : la méthode "mère kangourou" comme thérapie néo-natale

 Porter un enfant prématuré : la méthode « mère Kangourou » comme thérapie néo-natale.


Tout d’abord quelques éléments de définition.
La méthode Kangourou, qu’est-ce que c’est ?
C’est une méthode de soin universelle pour les nouveaux-nés (et en particulier les prématurés) qui comporte trois composantes :

-         peau à peau entre la mère et le bébé
-         allaitement exclusif
-         soutien du couple mère/enfant

Un examen des effets de la méthode kangourou sur les nourrissons prématurés (portage en peau à peau, poitrine contre poitrine, contact et toucher fréquents) met en évidence les six éléments clés d'une thérapie appropriée au développement. La méthode mère kangourou satisfait à toutes les exigences et procure des effets bénéfiques à court et à long terme, avec des résultats récents montrant des effets durables jusqu'à 10 et 16 ans. La méthode kangourou est maintenant considérée comme un élément fondamental des thérapies appropriées pour le développement des nourrissons prématurés hospitalisés.
allaitement peau à peau prématuré bébé kangourou


  • Modifier le macro et micro environnement pour qu’il soit calme et apaisant pour les bébés et leur famille
  • Positionner le bébé de telle façon qu’il y ait stabilité physiologique et développement moteur
  •  Suivre toutes les manipulations de l’enfant pour limiter les réponses physiologiques et fournir des moments de repos
  • Favoriser l’auto-régulation des bébés
  • Favoriser la régulation biologique en prodiguant des soins calés sur les cycles de sommeil et un environnement calme et apaisant
  • Evaluer toutes les interventions par rapport au stress généré
  •  Modifier les macro et micro environnement pour qu’il soient calmes et apaisants pour les bébés et leur famille
En 20 ans, l’environnement immédiat et hospitalier a beaucoup changé pour le séjour du bébé prématuré. On est passés de chambres communes à des chambres privées pour réduire les stimulations, encourager les parents à donner des soins. L’Académie US de pédiatrie a reconnu que la couveuse pouvait être néfaste car elle sépare la mère et l’enfant.
La méthode Kangourou procure un environnement calme et apaisant. Le bébé porté par sa maman en peau à peau voit sa maman, il l’entend et peut la sentir. C’est apaisant pour le petit prématuré et cela aide aussi au développement de sa vue. En outre, grâce à la libération d’ocytocine, on remarque une stabilisation physiologique et un comportement plus calme du bébé.

peau à peau portage bébé prématuré kangourou portage 
  1. Positionner le bébé de telle façon qu’il y ait stabilité physiologique et développement moteur
Le portage en peau à peau est fait de façon sécure et physiologique : le bébé est placé à la verticale poitrine contre poitrine, genoux et bras fléchis en position « grenouille », tête d’un coté ou de l’autre. Les voies respiratoires sont dégagées, il n’y a ainsi pas de risque d’asphyxie. Des études ont montré que la position verticale améliore l’oxygénation réduit les épisodes de mauvaise oxygénation, augmente le volume des poumons, aide les bébés à franchir les étapes du développement moteur plus rapidement, notamment. 



Des études effectuées sur 16 ans de suivi d’enfants nés prématurés ont aussi montré que ceux ayant reçu des soins kangourou 24/7 quand ils n’étaient pas sous O² puis pendant 28 jours et après leur retour à domicile avaient des résultats (connectivité moteur cérébrale) similaires à ceux des enfants nés à terme, et un meilleur développement moteur que des prématurés n’ayant pas reçu de soins kangourou. On suppose que ce développement moteur renforcé est dû à la libération d’ocytocine qui aurait augmenté la présence de glucose dans les myocites (cellules des muscles).
portage peau à peau prématuré bébé maternité papa kangourou

Plus encore, une étude comparative de 120 min de kangourou et 120 min de position couchée ou redressée a mis en évidence que durant le portage kangourou, il n’y avait aucune augmentation des apnées ni épisodes de brachycardie. En position allongée, le bébé avait plus d’épisodes de désaturation. La position allongée était vraiment la pire pour les bébés. A l’inverse, la stabilité physiologique, particulièrement cardio-respiratoire, commençait dans les minutes qui suivaient l’installation en position kangourou.

  1. Suivre toutes les manipulations de l’enfant pour limiter les réponses physiologiques et fournir des moments de repos

Le sommeil en méthode kangourou accélère la maturation du cerveau. En couveuse, le bébé se réveille plus souvent et peut beaucoup plus difficilement atteindre le stade du sommeil récupérateur indispensable à la maturation du cerveau. En portage kangourou, le bébé peut dormir 23 min consécutives et faire des cycles complets de sommeil. Et en +, en observant les « bébés kangourou » on remarque que même s’il y a des bruits et perturbations, en peau à peau le bébé les entend beaucoup moins et peut souvent continuer à dormir.

  1. Favoriser l’auto-régulation des bébés
S’endormir, rester endormi, assurer ses besoins de base : homéostasie, physiologie, nutrition, soins maternels. (température, fonctionnement du cœur, pression artérielle, etc). Energie, respiration, pleurs pour communiquer, maintien de l’allaitement.
Les bébés portés en peau à peau dorment mieux, tètent plus vigoureusement, sont capables de communiquer et stimulent les hormones maternelles. Ainsi, la maman est plus sensible aux réactions de son bébé. La méthode kangourou permet donc la co-régulation avec la maman. Les taux de cortisol de la maman et du bébé se synchronisent rapidement.
« Le portage en kangourou est le terrain de jeu naturel du nouveau-né nu pour apprendre l’auto-régulation » Le peau à peau contre la maman réduit également la perception de la douleur, la réponse à la douleur et le souvenir de la douleur.
Le peau à peau est même plus efficace que le sucrose pour la sensation de douleur.

  1. Favoriser la régulation biologique en prodiguant des soins calés sur les cycles de sommeil et un environnement calme et apaisant

Etant donné que le portage en kangourou induit de plus longues plages de sommeil calme, des durées plus courtes de sommeil actif, réduit le nombre de micro réveils et facilite des cycles complets de sommeil, il est vivement recommandé de multiplier les possibilités de peau à peau et de ne surtout pas réveiller le bébé qui dort en kangourou. En peau à peau, les soins ont lieu plutôt toutes les 3 à 5h et pas toutes les heures. Ainsi, la régulation biologique du bébé est grandement favorisée par la méthode Kangourou.

  1. Evaluer toutes les interventions

La méthode kangourou réduit de façon indiscutable le stress du bébé et fait chuter le taux de cortisol de 67/72 % en 20 min seulement de peau à peau car dès que le portage en kangourou débute, de l’ocytocine est libérée dans le cortex du bébé. Les enfants en peau à peau ont un taux de cortisol beaucoup plus réduit qu’en couveuse.
Ces effets sont encore visibles 10 ans après (connexions neuronales, épigénétique, plasticité cérébrale).

La méthode « mère kangourou » en peau à peau contre le ventre de la maman est considérée aujourd’hui comme une thérapie essentielle pour promouvoir la croissance et le développement des bébés prématurés, et spécialement pour promouvoir le développement du cerveau de l’enfant. La méthode kangourou, une thérapie néonatale à part entière.

Pour les prématurés ou très grands prématurés, continuer la gestation en peau à peau avec leur mère et en tétant à volonté est même plus important que pour les bébés nés à terme.

 source : www.medscape.com, Newborn and infants nursing reviews, “ Kangaroo Care as a Neonatal Therapy”, Susan M. Ludington-Hoe RN, CNM, PhD, FAAN, NAINR. 2013;13(2):73-75.  

jeudi 7 septembre 2017

J'ai fabriqué la roue de ma météo intérieure (émotions)

Cet été, en allant chez une amie, mon attention a été attirée par une petite roue en papier déposée sur une étagère.

il s'agissait d'une roue des émotions.

Précisément, c'est la
roue de ma météo intérieure

que l'on peut trouver sur le site www.jemeliberedustress.com/

Je suis allée chercher le patron, j'ai imprimé (en couleurs, sinon ça rend beaucoup moins), j'ai plastifié mes 3 roues et la bande puis fait mes petits découpages, empilé le tout et fixé une attache parisienne.

Hop, prête !
colère stress émotions bien-être enfant parent

Comment ?

Tout est expliqué ICI

Pourquoi ?


Parce que j'ai 3 enfants, et que nous sommes 2 adultes
Parce que chacun de nous, de par son âge, exprime (et parvient à exprimer) ses émotions très différemment, et sait plus ou moins les identifier
Parce que cette roue convient dès le plus jeune âge grâce à sa mini-roue (au-dessus) où figurent simplement des éléments du ciel pour illustrer le ressenti (arc-en-ciel, orage, etc), ce qui est une première approche pour aller plus loin, ET surtout, indispensable pour les enfants qui ne maîtrisent pas encore le langage !
stress émotions enfants parents ressenti colère déçue
Bien entendu, vous l'aurez compris, je ne vois pas cette roue comme réservée aux enfants, les adultes aussi peuvent l'utiliser ! D'ailleurs, cela peut être un bon moyen d'exprimer, par exemple, sa colère aux enfants (ou sa déception, ou son besoin de zénitude, de repos, de se promener) sans hurler ou ne rien dire parce que l'on ne trouve pas les mots...
Bref, vous pouvez "brandir" votre roue de météo intérieure" devant le visage de celui à qui vous voulez "dire" comment vous vous sentez.


J'aime :

Au-delà de l'aspect "expression des émotions", j'aime particulièrement la plus grande roue, intitulée "j'ai besoin de" qui permet d'aller plus loin. En effet, cette grande roue permet de faire une introspection, aller au fond de soi pour chercher "ce qui nous ferait du bien", pour aller mieux. Réussir à déterminer ce qui nous ferait du bien est déjà très important, mais le faire savoir (rien n'empêche celui qui utilise la roue de venir montrer sa roue, ou de la laisser "l'air de rien" posée sur la table, exposée au regard de(s) l'autre(s)...
Cela permet de prendre soin de soi et attendre des autres qu'ils nous respectent aussi.

Bref, c'est tout simple mais vraiment, vraiment pratique, et multi-générationnel !

Je vous conseille de plastifier chaque élément sinon votre roue risque de ne pas tenir très longtemps, surtout entre les mains de petits bambins ;-)


Pour aller plus loin dans vos lectures sur les émotions, les relations familiales, consultez mes rubriques
parentalité
éducation
bienveillance
et ce fameux billet sur la colère !

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dimanche 27 août 2017

Recette simple d'un savon pour les mains naturel

J'ai refait ce matin (c'est souvent comme ça le dimanche) une recette "cosmétique" que je fais depuis quelques mois
Il s'agit d'un savon liquide pour les mains, que vous pouvez appeler si vous voulez "pousse mousse" ;-)

recette zero dechet DIY savon liquide pousse mousse miel glycérine mains bain

La recette est simple, elle m'a plu par son minimalisme justement
Je cherche de façon générale à faire avec ce que j'ai à la maison
Ou alors, n'avoir à acheter que des produits naturels...Et pas chers (exemple : cire d'abeille)

Voici les ingrédients :

  • glycérine élixir d'essences recette DIY cosmétique bio savon mains 300 ml d'eau 
  • 3 CS de savon de Marseille râpé (ou Alep ou autre)
  • 3 CS de glycérine ou miel
  • 3 gouttes d'huile essentielle (attention, éviter pour les femmes enceintes, allaitantes, et les enfants)

Faites chauffer l'eau et le savon râpé pour que ce dernier fonde bien. Laissez refroidir, puis ajoutez les autres ingrédients.
Transvasez dans le flacon avec pousseur (évidemment, un ancien du commerce, du temps où j'en achetais). Hop, c'est prêt !



A l'usage, il est possible que vous deviez secouer de temps en temps le flacon. Je n'en avais pas eu besoin les fois précédentes, mais cette fois, oui. Cela doit venir du savon (j'en ai utilisé un différent cette fois-ci).

Ce savon liquide ne mousse pas. Ne vous en faites pas, il lave quand même très bien ! C'est une habitude à avoir. Ici les enfants sont habitués, de toute façon cela fait des années que je prépare des mixtures et j'ai mis le turbo ce mois d'août donc...c'est comme ça ;-). 
Je vous reparlerai d'ailleurs de toutes ces petites préparations simples et éconologiques pour le corps qui nous facilitent la vie et soulagent le budget :-D (baume pour pieds secs, shampoing, lotion de massage pour digestion difficile, dentifrice, etc.. j'adore mes p'tites recettes)

Pour ce savon liquide pour les mains, je me suis inspirée de la recette de ma copine Kitouchy
Sur son blog, elle propose une fragrance à la place ou en supplément de l'huile essentielle. Je l'ai pour ma part supprimée, je trouve ça superflu et j'aime le naturel. Et l'huile ess. de lavande suffit à donner un petit parfum bien agréable !

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mercredi 26 juillet 2017

La 1ère fois qu’on m’a ouvert le ventre (il y en a eu 3)


Tu vois, tout allait bien, une grossesse tranquille pour bébé, un bébé un peu grand apparemment mais une parfaite santé pour lui et maman
Une date prévue d’accouchement (DPA) incertaine
Une radio du bassin, très rassurante, mesures normales et sans aucune raison de s’inquiéter
Une petite maternité de campagne, (env. 300 accouchements par an)
Une prépa naissance idyllique, pour la première une chance folle car une SF investie, très branchée physio (c’est peut-être un pléonasme) et relaxation.
On est un petit groupe bien sympa de prépa naissance, on fait de la relaxation, on aime ce Rv « de l’endroit où vous vous sentez bien, à un moment où vous vous sentez bien »
Notre SF nous parle de tout, la dilatation, le travail, la péridurale, l’allaitement…

Un jour elle parle de la césarienne, parce qu’il faut bien, parce que statistiquement, au moins 2 filles de notre groupe y passeront (on est 13)
J’écoute attentivement (j’aime maîtriser l’inconnu) mais je ne me sens pas concernée. Aucune de nous ne se sent concernée. Primipares pour la plupart.
Je sais tout ce qu’il se passera si cela arrive. Mais voyons, ça n’arrivera pas. Il n’y a aucune raison. Bébé va bien et moi aussi. Enfin, j’ai des problèmes qui font que je suis arrêtée depuis quelques mois, mais rien à voir avec bébé et sa piscine intérieure, ni son poids prévu, ni la taille de son fémur ou mon tour de taille à moi.
Jour de la DPA, rien en vue. Cette petite maternité ne s’affole pas, j’adore l’idée, « on attend jusqu’à 8 jours ». je trouve ça chouette de laisser faire la nature. A l’époque, je n’y connais rien en accouchement physio, je n’ai pas appris à gérer la douleur, je suis dans le circuit classique, dans les connaissances classiques (donc en gros je ne connais rien d’autre que l’accouchement médicalisé avec péridurale et probable épisio même si non -souhaitée), mais je tiens beaucoup à ce que l’on ne force pas les choses, et que bébé vienne « quand il sera prêt ».

J+2 je reviens pour un check-up (passons la liste des actes plus ou moins justifiés qui font que vous passez votre temps les jambes écartées; (parfois ça s'appelle même des violences obstéricales, enfin bref, autre sujet qui m'importe). Rien
J+4 rebelotte
J+6 ? toujours rien. Je ne m’affole pas, je me dis que bb n’est pas prêt. Et de toute façon, j’ai apporté ma courbe de température (on a vraiment eu BEAUCOUP de mal à avoir ce bébé), il y a un truc qui cloche avec les mesures et la DPA qu’ils ont (re)calculée. Je pense pas être après terme.
J+7, j’arrive parce qu’on va me poser un gel (un tampon ? impossible de me souvenir, je confonds peut-être avec la 2ème fois). Bref un truc doux et pas trop invasif pour essayer de déclencher les choses en douceur.
Je marche dans le parc, avec mon homme, on se dit que c’est pour aujourd’hui, mais sincèrement, je ne sens rien de particulier. Et c’est donc sans surprise que vers midi on m’annonce que mon col est toujours long, fermé, dur (un truc comme ça). J’ai ma chambre car ça y est c’est officiel depuis ce matin, je ne ressortirai pas d’ici sans notre bébé. J’ai sommeil, j’ai mal dormi la nuit précédente, et puis qu’est-ce qu’il y a d’autre à faire, j’ai déjà marché deux heures.. Et puis j’ai un peu mal. Bref, je fais la sieste.
Je me réveille à 16h, j’ai mal au bas-ventre, j’émerge lentement et me lève, lorsqu’un monsieur vient me voir, me parler. Me parler de la télé ! Est-ce que je veux la télé, comment je dois m’inscrire, où je dois payer…
Je me souviendrai toute ma vie de ce moment où me parlant de la télé dont je me fous royalement (nous n’avons pas pris la télé, nous étions là pour voir notre bébé), j’ai senti soudain un gros truc couler et j’ai entendu « splash »…

J’ai perdu les eaux !

Je regarde par terre entre mes pieds, c’est trempé il y en a partout, si je bouge (si j’arrive à bouger) je vais glisser et me vautrer, … la sonnette est trop loin, et le monsieur de la télé est imperturbable… Il en a sûrement vu d’autres, mais il pourrait m’aider, non ? Je ne me souviens plus de la suite. Je sais juste que je suis en jupe, en tongs, et que j'ai peur de bouger un pied et glisser et m'écraser par terre. Trou noir...
Mon homme est revenu, le travail avait commencé, mais moi à l’époque j’ai été bête, pas préparée, j’avais un peu mal alors tout ce que j’ai trouvé à faire c’est me coucher, comme quand j’avais mes règles, couchée en position fœtale pour apaiser la douleur..…
Aux environs de 19h, la SF m’examine, évidemment rien n’a bougé ni changé, elle nous dit qu’on va laisser passer la nuit, que ça va sûrement évoluer au fil des heures et que demain si besoin on fera d’autres choses pour aider (un vrai déclenchement avec perf, quoi). Sur ces paroles rassurantes, Clyde Chéwi, fatigué lui aussi par tous ces jours de suivi après-terme, rentre à la maison pour une douche, un dîner, et un début de nuit (qui sait combien de temps il dormira , après tout). On nous a dit clairement qu’on avait le temps.
Moins d’une heure s’est écoulé, il est 20h et des brouettes, la SF de relève arrive. On l’avait déjà rencontrée, elle est avec un monsieur qui se présente, vieux aux cheveux blancs, l’anesthésiste .
« Madame, on doit vous amener au bloc, on va vous faire une césarienne. Votre travail a commencé, on ne peut plus attendre, je suis l’anesthésiste, je vous amène au bloc »
WHHHHAAAAT ????? attendez il y a une demi-heure on avait toute la nuit, et maintenant je dois avoir une césarienne en urgence !
Je suis sous le choc, mon homme n’est pas là, il va être sur le cul. On me donne un téléphone pour que je puisse l’appeler et lui dire de revenir vite (heureusement qu’il habite à moins de 15 minutes !), je leur demande d’attendre qu’il soit là, je ne peux pas imaginer qu’il ne soit pas là quand je pars, je ne comprends pas ce qui se passe.
Aucune explication à cette « urgence », notre réconfort est de nous dire que dans moins d’une heure, notre petit garçon sera là. On est presque contents. On n’a rien compris mais on est contents, impatients. Je vais le voir super vite et sans avoir mal !
On me prépare, on me met dans un brancard, mon homme a bien pris sa chemise, je suis excitée mais aussi apeurée, je vais être seule
Je pars seule dans les couloirs jusqu’au bloc, sur mon brancard, je compte les néons et les angles.
Il fait très froid dans le bloc. Il y a une lumière aveuglante, alors qu’il est plus de 21h. Je n’avais pas visité le bloc. J’ai des contractions, elles font mal. L’anesthésiste me dit de ne surtout pas bouger pendant la pose de la péridurale. Attention, il va piquer. J’ai une contraction. Je respire, mais je suis pliée en deux en avant, je ne peux pas respirer, je ne peux pas gérer la douleur, la contraction. L’infirmière me prend presque dans ses bras mais cela n’apaise rien, j’ai une contraction, bordel ! Et je suis seule, et on va m’ouvrir le ventre, et je ne vais pas avoir mon bébé dans les bras.
On me pose sur la table d’opération. Je me souviens d’une planche en bois. Pas large.
J’ai un champ opératoire qui cache tout. Les deux bras attachés en croix. J’ai froid, je tremble. L’anesthésiste me caresse les cheveux. Mais je m’en fous, j’ai froid quand même, et j’ai peur, et je suis triste, je me sens seule, si seule. Je ne vois rien. Je ne suis plus rien. Je ne suis pas en train d’accoucher, je suis en train d’être opérée. Je ne suis plus qu'un ventre.
L’obstétricien fait son entrée, il ne me dit pas bonjour. Il parle à ses collègues. Je sais qui c’est car c’est celui de garde, mais je pense qu’il ne voit que mon utérus. D'ailleurs je n'ai pas vu son visage, il n'a pas pris la peine de passer la tête derrière le champ opératoire. Sans doute trop pressé. Merveilleux.
Tandis qu’il m’ouvre, fait son job, il raconte qu’il a fait (ou va faire) une partie de golf, qu’il adore ça (c’est absolument véridique). Il dit aussi qu’il a eu une grosse journée et qu’il n’a même pas eu le temps de manger, qu’il a faim, qu’il est pressé que ça se termine et de pouvoir se reposer un peu.
Enchantée monsieur, moi je n’ai rien mangé depuis la veille au soir, et il n’était surtout pas prévu que je sois là, et je ne vous connais même pas et vous avez les mains dans mon ventre.
Ils ont fini leur affaire, il sort le bébé en disant qu’il est super gros, un peu comme moi (il ne l’a pas dit comme ça mais ça y ressemblait). J’entends crier mon bébé.
On me l’apporte. Tout près de mon visage. Trop près. Je ne verrai que peu, mais je verrai l’essentiel : le premier regard. Mon fils, un seul œil ouvert, plongé dans le mien.
J’ai les bras attachés mon fils, mon bébé, je suis prisonnière, ligotée, ils ne me laisseront pas te toucher, tu as juste ton visage tout près du mien, et tes yeux, plantés dans les miens. Souvenir à vie. On t’enlève déjà.
Je ne me souviens plus du reste, trop émue, heureuse et vide à la fois. Bouleversée.
L’obstétricien qui dit que je suis trop large pour la planche, au moment où ils me rebasculent sur le brancard.

Docteur, c’est définitif, tu es un connard.

La SF me glisse à l’oreille que comme c’est la nuit, que c’est calme et qu’il n’y a presque personne, je vais vite retourner dans ma chambre. De fait, je ne passe pas en salle de réveil. Une bien belle nouvelle dans cette naissance volée.
Mon brancard roule dans les couloirs, il fait bien nuit, le brancardier est sympa. Je passe le dernier angle, j’arrive devant le bureau des SF. Je vois alors Papa Clyde assis, chemise ouverte, BB Titi recouvert d’un drap et collé contre lui. Ils font du peau à peau. Ce peau à peau promis. J’éclate en sanglots devant cette image , cette scène. L’amour, la rencontre. Je ne suis même pas jalouse tellement c’est beau. On se sourit tout en pleurant. Mon brancard repart déjà, je vais dans ma chambre. Je prie en silence pour que mes deux hommes me rejoignent rapidement….maintenant !
On me repose dans mon lit, avec mes perfs mes fils…à poil je crois, je ne sais plus. Je ne sens pas mes jambes mais je m’en fiche je sais que c’est normal, et je suis bien, je suis dans mon lit, je ne peux plus tomber.
Et là, ils arrivent… Qui de ce nouveau père ou de moi a le plus pleuré, je ne sais pas, je me souviens juste de mes bras qui s’agitaient pour que vite, vite, on me donne mon bébé, pour qu’il vienne contre moi, sur ma poitrine, vite, apportez-le moi, donnez-le moi !
Bébé Titi a été posé nu contre moi . ils l’ont recouvert du drap et il est venu, tout seul, jusqu’au sein. Il a rampé, j’étais fa-sci-née. Il a pris mon sein et s’est mis à téter, comme s’il l’avait toujours fait. Qu'elle est bien faite, la Nature.
Il a tété un bout de temps et pendant ce temps j’ai ressenti mes jambes bouger. On était sur un nuage. 22h15, nous étions désormais 3.

Les 6 jours qui ont suivi n’ont été qu’impatience pour rentrer chez nous vivre à 3. Je pensais que tout allait bien. Mon bébé était né en bonne santé, je n’avais eu ni dilatation ni accouchement douloureux ni épisio non désirée. J'avais un peu mal, mais comparé à d'autres mamans césarisées, il semblait que je supportais mieux la douleur que d'autres. J'enviais tout de même les nanas sous morphine.

On est rentrés et notre vie a commencé. J’ai réalisé que je ne pouvais pas porter Titi avec le porte-bb que j’avais acheté exprès (12 ans de portage après, je comprends que c’était aussi dû à un porte-bb non physio acheté au supermarché, plaçant bien trop bas sur mon bassin (et mes cuisses !) mon bébé nouveau-né, pas du tout à hauteur de bisous donc et en plein sur la cicatrice. Cicatrice toute moche au passage, faite avec des agrafes posées rapido. C’est pas moi qui l’ai dit, mais mon 2è obstétricien, celui qui a réparé des choses).
J’ai senti aussi que j’avais mal, tout simplement, au bas-ventre, tout le temps. Dans le vagin, aussi. Bref, que rien n’était comme avant. Que si ça se trouve, je n’allais jamais retrouver ma vie de femme d’avant.

Et puis j’ai compris qu’en fait, je n’avais rien compris.

Et que surtout, je n’avais pas du tout accepté. Cette césarienne était en fait un marquage au fer rouge, elle m’avait meurtrie et laissée démunie.  Une naissance volée.
Une deuxième grossesse, une prise en charge ailleurs, un dossier médical examiné m’ont fait comprendre qu’il n’y avait eu absolument aucune raison médicale à cette césarienne. J’avais besoin de comprendre pour accepter et il n’y avait rien à comprendre. Cette 1ère césarienne n’était absolument pas justifiée.
La seule raison non avouée mais constatée par ma petite enquête post-naissance était simple : deux salles de naissance, 3 mamans en travail le même soir, dont moi. Moi celle ayant dépassé le terme (finalement contredit après) avec un travail lent, un bébé probablement plus gros que les autres (3.920 kg au final). Ils n’ont pas tiré au sort mais ils ont joué sur les probabilités et décidé que j’étais celle qui avait le plus de chances de finir en césarienne, alors autant le faire tout de suite (21h) qu’en pleine nuit (faudrait pas déranger à ce point le médecin de garde) ou un moment où le bloc serait déjà occupé (une vraie urgence). Bref, j’ai été un pion.
J’ai dû me reconstruire après cette césarienne. Beaucoup de lecture sur le site de Césarine, un site important pour moi et précieux, regorgeant d’informations et de « réconfort », qui m'a beaucoup aidée et m'a permis de commencer une démarche de reconstruction.
Une thérapie, une psychologue vue exprès pendant ma seconde grossesse tellement j’étais traumatisée. C’est fou comme les gens ne comprennent pas que non, « le plus important c’est que bb soit en bonne santé », ça ne soulage pas !
Il ne lira jamais ce billet et là comme ça je ne me souviens plus son nom, mais mon 2è obstétricien a été un ange, et m'a beaucoup aidée, c'est lui d'ailleurs qui a demandé mon dossier et m'a expliqué qu'il n'y avait pas d'explication... On m'a dit plus tard ailleurs que c'était pas bien de ne pas être solidaire comme ça dans la profession, et bien moi je trouve que SI, justement, cet obstétricien était à l'écoute de ses patientes et faisait passer l'intérêt de ses patientes avant le reste, avant le confort et la logistique..
Il va sans dire qu’une première césarienne entraîne une chance sur 2 d’avoir une deuxième césa et que si vous passez à 2 césa vous êtes grillée pour la 3ème…(oui, hormis un hôpital ultra marginal qui accepterait de "prendre le risque"...)
Il y a pire, il y a toujours pire , il y a mille fois pire…mais on m’a volé cette naissance. Vraiment. Cela n’a pas été une naissance, mais une opération qui passait bien dans le planning, et une opération par un médecin pas concerné qui avait faim et pensait à autre chose, et me trouvait trop enrobée. Merci le cadeau de naissance.

Bref, voilà comment j’ai eu ma première cicatrice. Ma balafre.